Firefox Quantum, nouveau moteur de rendu Servo, la renaissance ?

Renouer avec 2012 lorsque le mythique Firefox affichait 32% de part de marché, c’est pour les équipes de Mozilla un challenge à portée de main. C’est un bouleversement historique puisque les 3/4 du code source de l’application ont été revus et corrigés. Soit près de 6.8 millions de lignes de code renouvelées. Un chantier sur deux ans, dirigé par Mark Mayo directeur de la fondation Mozilla depuis 2011. Regardons ce qui s’est produit ces dernières années :

Un petit tour d’horizon des parts de marché des navigateurs de bureau dans le monde de 2009 à 2017

Part de marché des navigateurs de bureau dans le monde janvier 2009-2017

On s’aperçoit très rapidement qu’en bleu, Internet Explorer entame une descente vertigineuse et cède la place à Google Chrome. Le taux de décroissance du célèbre navigateur de Microsoft est quasiment identique dans le temps à l’ascension de Google Chrome.   

Google Chrome

Dès 2010 Google Chrome commence à séduire de plus en plus de monde. Il est le navigateur qui s’ouvre très rapidement, qui affiche les pages presque instantanément et qui ne nécessite pas de redémarrage du navigateur lors d’une installation de plugins. L’interface est discrète, allégée, laissant ainsi plus de place au contenu. Le design est soigné, épuré. Le navigateur a le vent en poupe ! Il passe sur l’année 2010 de 6% à 16%. Techniquement il est très stable et cloisonne chaque onglet dans un processus. Ce n’est plus le navigateur entier qui plante mais l’onglet qui rencontre un problème. Une stabilité remarquée et appréciée.

FireFox

Devant de telles performances, Firefox s’inspire de Google Chrome mais seulement côté design dans un premier temps. La deuxième phase consistera à des mises à jour du moteur de rendu Gecko pour accroître sa vélocité mais aussi sa stabilité afin de rester compétitif. Malgré cela, le navigateur stagne et commence à perdre du terrain. A son apogée en 2010 avec 32% de part du marché, il ne cesse de chuter jusqu’à atteindre son plus bas niveau aujourd’hui soit décembre 2017 avec 15 %. La moitié des utilisateurs lui ont tourné le dos.

Internet Explorer

Tout repose donc sur les moteurs de rendu, ces derniers doivent être de plus en plus performants et rendre la navigation toujours plus robuste et sécurisée. Sans ces atouts majeurs, la descente aux enfers, comme a connu Internet Explorer, est inévitable. De 65% de parts de marché à 10% en 8 ans, c’est vraiment qu’il y avait un problème. Il fallait réagir et c’est d’ailleurs un nouveau départ que prendra Microsoft en 2015 avec la sortie du petit nouveau Edge, complètement refondé pour lui aussi tenter une reconquête. Aujourd’hui Edge ne pèse que 4% mais il a de beaux jours devant lui, ses fonctionnalités sont intéressantes et multiplateformes.

Des performances liées à ce que l’on appelle les moteurs de rendu

La grande nouveauté de Firefox Quantum, c’est qu’il est doté d’un moteur de rendu flambant neuf. Servo voit le jour en 2013 à la suite d’un partenariat entre Samsung et la fondation Mozilla. Il est écrit avec le langage de programmation Rust spécialement conçu par Mozilla qui permet de ne laisser aucun bogue au moment de la compilation du code. C’est un aspect très sécurisant et indispensable pour accueillir les contributions de centaines de développeurs. La particularité de ce moteur c’est le traitement du Dom par parallélisation. Le Dom c’est l’ensemble du code d’une page web. Je m’explique sur la parallélisation :

Un moteur de rendu tout comme un moteur de voiture est composé de plusieurs pièces. Quantum est le composant qui interprète la partie Css (le code qui gère la mise en page d’un site). Ce composant a la particularité de traiter le parallélisme des tâches, c’est-à-dire que si le processeur d’une machine possède deux, quatre ou douze cœurs Firefox sera deux, quatre ou douze fois plus rapide.

Répartition du travail sur les cœurs.

Il s’agit d’une répartition du travail sur les différents cœurs du processeur. d’une manière générale, il faut simplement imaginer que chacune des parties d’une page web est analysée puis découpée en une ou plusieurs « sections de travail ». Ces sections de travail sont en attente de traitement et dispatchées sur tous les cœurs du processeur de manière équitable. Chaque cœur possède donc sa propre file d’attente. Cependant, certaines sections sont plus complexes à résoudre et inversement. Donc dès qu’un cœur achève sa file d’attente, il détourne pour son propre compte le travail non terminé d’un autre. On appelle ça le vol de travail.

Google Chrome lui, est énergivore en Ram. Ceci dit, Il n’est pas mauvais mais Firefox fait maintenant la différence en exploitant un maximum la puissance de calcul de votre machine à l’instar de tout miser sur la Ram.

Au final, ce moteur de rendu est une véritable bouffée d’oxygène pour vous et votre machine. Une machine équipée de seulement 4GO de mémoire vive par exemple, laisse avec Firefox, la possibilité d’utiliser plus d’applications qu’avec un autre navigateur.

Firefox éthiquement bon, il ne cache rien

Il ne faut pas oublier que Firefox est un logiciel libre, ce qui signifie que la lecture de son code source est ouvert à tous. La communauté de développeurs veille à ce qu’il n’y ait aucun code liberticide. C’est subjectivement un point très important. Savoir que nos droits à la vie privée sont respectés, c’est plus que remarquable.

Google dans sa splendeur dominatrice (hors sujet)

Le navigateur de Google est issu de Chromium, son parent au code source ouvert. Cependant, Google Chrome n’est plus Chromium et donc plus ouvert du tout. Il est devenu la propriété de Google qui le développe en interne. C’est un logiciel propriétaire qui exploite un maximum nos données personnelles, nos habitudes de navigation. Il nous traque un maximum pour générer le plus d’argent possible et tout ceci de façon presque transparente. Dommage que l’utilisateur lambda s’en contrefiche. Car la majorité des gens ne se préoccupe pas de cette dimension ! Ce qu’ils veulent avant tout, c’est surfer rapidement et ne pas avoir à chercher leurs mots de passes. Enchaînée ou libre, la vague doit être surfée le plus vite possible. Après il ne faut pas s’étonner si nos boîtes mails sont pleine de publicités, que nos navigateurs nous détournent de notre recherche originelle.

Google continu de nous suivre sur nos téléphones, il sait où nous sommes et fera en sorte de nous détourner encore une fois vers une source de tentation. Un magasin dont nous ne sommes pas très loin par exemple et que « nous aimons » bien…

Big Brother is wathing you !

On pourrait continuer avec la Google Home enceinte à commande vocale qui écoute sans aucun doute toutes les conversations. Et ceci tout au long de la journée. Le code source étant inaccessible, Google aura beau nous dire qu’il n’écoute que lorsque nous sollicitons l’enceinte, comment le vérifier ? Idem pour Apple, quoique pour certaines applications concernant notre santé, ils ont ouvert le code ce qui est très positif.

Bref, il faut prendre conscience que tout ce que nous faisons en ligne est traçable. Avec l’intelligence artificielle et les monstrueux serveurs des géants à la puissance de calculs démesurée, nous sommes tous devenus de véritables proies. Ils se contrefichent bien de qui nous sommes vraiment. Ce qu’ils traquent ce sont nos habitudes pour mieux piéger notre portefeuille.

Les nouvelles performances en résumé de Firefox Quantum

  • Nouveau moteur de rendu Servo
  • Architecture multi-processus
  • 2 fois plus rapide que les versions précédentes
  • 3% plus léger que Google Chrome
  • Consommation de Ram réduite, 30 % en moins que Chrome
  •  Protection contre le pistage, bloque les traqueurs, ne conserve pas l’historique en mode privée.
  •  Protection contre les mouchards des publicités et des scripts qui résulte sur un chargement 44% plus rapide des pages

Je vous laisse ce joli bouton vert si quelques fois vous souhaitez renouer avec Firefox pour certain ou simplement le découvrir.

 

 

 

 

 

 

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